Stress de la violence en institution, comment s’en protéger ?

Stress de la violence en institution

Stress de la violence en institution, comment s’en protéger ?

Depuis quelques années, tous les professionnels de l’aide et du soin que je rencontre me remontent une augmentation conséquente des comportements violents qu’ils rencontrent dans leurs missions au sein des institutions. Le stress de la violence est aujourd’hui l’un des principaux stress évoqués et les conséquences en termes d’émotions et de fatigue qu’il génère sont considérables. La question qui revient systématiquement, c’est que peut-on faire ?

Question complexe s’il en est, qui met en jeux de nombreux paramètres, et qui mériterait une analyse approfondie, mais essayons de l’aborder simplement. A l’origine de cette situation, on pointe régulièrement un changement des profils des personnes accueillies, notamment du fait d’un accroissement important des troubles psychiques, et cela quelque soit l’âge et donc le type d’institution. C’est une réalité à prendre en compte, qui témoigne d’un courant d’évolution qui paraît loin de s’inverser.

Alors comment se préserver de ce stress de la violence dans les institutions médico-sociales ?

Tout d’abord, acceptons l’idée que quelque soit son activité, il existe 3 niveaux d’actions complémentaires:

  • Prévenir la violence en institution
  • Prévenir le stress de la violence
  • Gérer le stress de la violence

Stress de la violence en institution médico-socialePrévenir la violence en institution médico-sociale

Il est de plus en plus connu que la violence apparaît lorsque l’on ne parvient plus à se faire comprendre par les mots, et cela, même chez les personnes qui n’ont pas de trouble psychique particulier. Quand nous ne réussissons pas à nous faire comprendre, ou même “entendre”, quand nous ne parvenons pas à exprimer nos demandes/besoins ou quand elles ne sont tout simplement pas écoutées, quelque en soit la raison, la frustration prend le dessus, et la seule possibilité, éventuelle, pour que cela cesse, devient le comportement violent. Les troubles psychiques et maladies mentales ne peuvent bien entendu qu’accentuer cette réaction.

On peut également observer que la maladie mentale et les troubles psychiques induisent un état de très grande sensibilité vis à vis des climats de tension, ce qui rend les personnes concernées encore plus réactives aux états de stress ou de conflits dans leur entourage.

Mes recommandations:

  • Définir une méthodologie collective de gestion des comportements violents, depuis l’anticipation jusqu’à la phase post-événement. cf p.61 et 62, fiches thématiques sur la prévention des situations de violence du guide méthodologique de prévention des risques psycho-sociaux dans le secteur médico-social.
  • Instaurer un climat serein au sein de l’équipe, entre collègues. Cela favorisera un état de détente de l’ensemble des résidents/usagers, et réduira considérablement le risque.
  • Rester vigilant sur son propre niveau de stress, et reporter une tâche en cours si c’est possible, ou passer la main à un collègue si l’on s’aperçoit que l’on n’est pas dans de bonnes dispositions à un moment donné.
  • Prendre le temps de l’écoute, même si “on n’a pas le temps”. Cela montrera clairement à votre interlocuteur que vous vous occupez de lui, que vous le respectez, que vous lui portez de l’attention. Cela facilitera votre compréhension de ses demandes/besoins, et le rassurera au sujet de leur prise en compte.

J’ai bien conscience que ces recommandation ne sont pas toujours compatibles avec les conditions ou les rythmes de travail dans les institutions. Il me paraît pourtant utile de rappeler ce qui peut paraître des évidences, afin d’en faire des objectifs à viser, individuellement et collectivement pour réduire les risques de violence.

Prévenir le stress de la violence en institution médico-sociale

Que vous soyez ou non en mesure de mettre en application les recommandations précédentes, vous pouvez agir pour prévenir le stress de la violence.

En l’analysant un peu, on peut identifier plusieurs causes à ce stress:

  • la frustration de ne pas pouvoir faire les choses comme je le voudrais (par exemple, je n’ai pas assez de temps), avec un sentiment plus ou moins vague de culpabilité, souvent pour ne pas pouvoir faire plus, ou mieux
  • la peur de me faire agresser
  • le souvenir récurrent d’une agression que j’ai subie ou qu’un de mes collègues à subie, et la crainte en conséquence que cela ne se reproduise
  • la nécessité de m’occuper d’une personne notoirement connue pour ses accès de violence, et la peur qu’elle passe à l’acte

En fait il s’agit à chaque fois soit d’une projection sur un événement hypothétique (hypothétique tant qu’il ne s’est pas réellement produit), soit une réalité sur laquelle vous n’avez aucun moyen d’action directe.

Mes recommandations:

  • Renforcez l’aide et le soutien entre collègue, créez un véritable collectif de travail
  • Efforcez-vous d’éviter de projeter des situations catastrophiques fictives à venir ou passées, qui ne vous concernent peut-être même pas toutes directement. Elles créent de la souffrance inutile et n’apportent aucune solution.
  • Entraînez-vous à conserver votre attention sur la réalité factuelle, et non ce qui pourrait peut-être, éventuellement, un jour (ou pas) se produire. Vous vous sentirez plus calme, et ce que vous émettrez sera plus serein. Vous vous sentirez mieux, et par la même occasion, le risque sera atténué.
  • Focalisez-vous sur ce que vous pouvez faire, sur ce que vous pouvez changer. Là aussi, il est inutile de regretter tout ce que vous ne pouvez pas changer, cela ne fait qu’accentuer la frustration.

Comme toute action de prévention, ces recommandations ne peuvent se mettre en place efficacement qu’au fil du temps, par un travail sur soi, individuel et collectif. Cela demande beaucoup d’attention à soi, mais cela en vaut la peine. C’est en apparence difficile, mais en réalité beaucoup moins qu’on ne le pense. C’est surtout extrêmement efficace.

Gérer le stress de la violence en institution médico-socialeGérer le stress de la violence

Lorsque je suis en stress, il est trop tard pour agir en prévention. Le stress fait perdre toute lucidité et contribue encore à dégrader la situation. La priorité va être maintenant de retrouver mon calme et mon équilibre, rapidement. Cette fois encore, il va me falloir prendre un peu de temps pour m’occuper de moi, tout de suite même si je suis au travail, et un peu plus tard aussi, lorsque je serai chez moi.

Lorsque cela vous arrive …

Mes recommandations:

  1. Immédiatement:
    • Respirez profondément pendant quelques minutes, le plus lentement possible, en concentrant votre attention sur votre respiration, cela va vous calmer
    • Faites l’effort de ne penser qu’à ce que vous êtes en train de faire, et à rien d’autre, cela évitera d’entretenir la tension
  2. Une fois au calme après le travail:
    • Identifiez ce que ces événements ont généré comme émotions en vous
    • Laissez les s’exprimer, sans vous censurer, sans culpabiliser, cela va vous soulager
    • Prenez une douche pour finir de revenir au calme
    • Analysez ce qui s’est passé en laissant vos émotions à distance
    • Identifiez ce que vous pourriez améliorer si cela se reproduisait

Mais attention, les situations de violences génèrent un tel stress que l’on perd toute capacité à appliquer une quelconque méthode, si l’on ne s’y est pas entraîné avant (ce que l’on ne fait pas en général). C’est pourtant dans les moments où tout va plutôt bien qu’il faut pratiquer, de façon à ce que les réflexes soient en place, et que les comportements soient devenus naturels, le jour où on en a réellement besoin.

Dernières recommandations:

Prenez un peu de temps pour vous, régulièrement, pensez à vous, et faites vous du bien.

Choisissez une technique de relaxation ou de méditation que vous pratiquerez 15 à 20 minutes par jour

Cela vous rendra plus solide vis à vis des situations stressantes, et réduira par la même occasion le risque de subir des violences.

 


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