Penser à soi pour aider mieux

Penser à soi pour mieux aider l'autre

Penser à soi pour aider mieux

Médecins, infirmières, kinésithérapeutes, aides-soignants, agents de service hospitaliers, éducateurs, éducateurs spécialisés, moniteurs d’atelier en ESAT, professionnels en IMP ou IMPro, acteurs de l’aide juridictionnelle, …, quand on est si fortement engagés et dévoués aux autres, le risque est grand de s’oublier soi-même. Mais est-il vraiment indispensable de penser à soi ?

Les métiers de l’aide et du soin ont la spécificité d’être très fortement imprégnés d’une culture du service à l’autre, et plus encore à l’autre en situation de vulnérabilité ou de souffrance. Il en résulte une difficulté toute particulière à rester attentif et lucide au fil du temps sur ses propres besoins, ce qui peut aboutir à s’épuiser et à tomber malade.

La diversité des situations et des événements rencontrés au quotidien, très souvent chargés émotionnellement installe progressivement et de manière insidieuse un climat intérieur de fatigue et de morosité, qui retentit très vite sur le bien-être, la santé de l’intéressé, et sur celui de son entourage.

Pourtant, dans l’esprit du professionnel, l’attention à soi est souvent tout à fait secondaire face à ses responsabilités, voire même représente une forme d’égoïsme considéré comme hors de propos dans ce type d’activité. Quand et comment penser à soi lorsqu’il y a tant à faire, lorsqu’il y a si peu de personnel, lorsque les patients/usagers ont autant de besoins, de demandes et parfois d’exigences ?

Dans les faits, cette attention à soi est nécessaire, tant dans la préservation de soi-même, que dans la responsabilité que l’on a vis à vis de sa famille, que dans celle que l’on a vis à vis des personnes dont on s’occupe.

Lorsque les pressions sont fortes, fréquentes et/ou constantes, le stress s’installe, et va progressivement altérer nos ressentis et nos comportements.
À l’intérieur, les tensions commencent à générer des douleurs physiques, les émotions et les sensations se transforment et se dégradent. Le travail qui apportait essentiellement de la satisfaction auparavant génère de plus en plus de lassitude, de frustrations et de pénibilité. Les préoccupations se font constantes, et le risque d’erreur s’accentue considérablement.
À l’extérieur, le sourire est plus difficile, La disponibilité s’amenuise et finit par laisser place à la rigidité, puis, soit à la fuite, soit à l’agressivité. Autant de conséquences qui nuisent à tout le monde si elles perdurent.

Comment faire du bien à l’autre si je suis mal moi-même ?

Comment soigner, réconforter, aider, si je n’en ai plus au fond de moi ni la force ni l’envie ?
Il est impossible de partager un bien-être que l’on n’a plus soi-même, on ne peut, dans cette situation, partager que le mal-être. Et plus la personne dont je m’occupe est fragile, plus elle va percevoir intensément mon état intérieur.

Alors la première solution, la première précaution, et même la première priorité, c’est de penser un peu à soi, régulièrement, et de s’accorder un peu de temps pour soi … sans culpabilité … parce que c’est bon pour les autres !

Mais alors quand et comment penser à soi ?

Prendre le temps de penser à soi

  • Quand ?

Régulièrement, cela fait partie d’une bonne hygiène de vie psychique. C’est une forme de vigilance que vous mettez en place. Cela vous permet de rester lucide sur votre état même dans les périodes tendues.

  • Comment ?

    Déjà, écoutez-vous et ressentez ! sans vous censurer et en toute honnêteté

(Attention, parce que “s’écouter” est très souvent connoté négativement, avec les célèbres phrases “mois, vous savez, je ne m’écoute pas”, ou “il ne faut pas trop s’écouter”.

Eh si ! il faut s’écouter, mais pour soi, pour mieux se connaître, pour mieux se comprendre, pas forcément pour se plaindre, ni pour angoisser en permanence sur tout ce qui nous paraîtrait aller mal)

Qu’est-ce que je ressens, physiquement, moralement ?
Est-ce que je me sens bien dans mon corps, détendu et en forme, ou y-a-t-il  des tiraillements, des tensions, des douleurs ?
Et moralement, est-ce que je me sens bien, paisible, enthousiaste, ou plutôt fatigué, grognon, perturbé ou franchement mal ?

La plupart du temps, si je ne prends pas ce temps de recul, je ne ressentirai rien avant d’être déjà dans un état de “moins bien-être” plus ou moins prononcé. Mais si tout va bien, c’est ok, je continue mes activités jusqu’au prochain test, sinon, je m’occupe de moi, maintenant, ou je prévois de m’occuper de moi ce soir, activement.

Ensuite, de quoi auriez-vous besoin pour aller vraiment bien ?

Je me pose cette question, et j’écoute mes ressentis. Si c’est difficile, je ferme les yeux un instant pour m’isoler du monde et me tourner plus intensément vers moi, et j’écoute !

Bien sûr, si mon ressenti est clair sur mon ou mes besoins, j’essaye d’y répondre le plus rapidement possible. Et si ce n’est pas possible, je me mets à l’écoute de la meilleure manière possible de m’occuper de moi, ne serait-ce qu’en prenant le temps de réfléchir, ressentir encore plus finement, planifier la marche à suivre, et m’engager résolument vers le fait de me faire du bien. Mais dans tous les cas, je passe à l’action. Je m’organise et j’agis. Et je n’hésite pas, je prends du temps pour moi !

Et si ce qui me ferait du bien n’est pas réalisable ?

Et bien trouvez autre chose, quelque chose de plus accessible, dès maintenant. Ce qui compte, c’est d’avoir conscience et de sentir très profondément que ce temps est réservé pour soi, pas parce qu’on n’a rien d’autre à faire, que cette activité précise, c’est uniquement pour soi qu’on la pratique et que c’est une bonne raison.

Mais vous ne vous rendez pas compte, je n’ai pas le temps !

Là je vous répondrai que chaque journée fait 24h, les vôtres comme celles de tout un chacun, et que comme tout un chacun vous avez la liberté de les organiser comme vous le souhaitez. Il est alors évident que si votre priorité devient de prendre régulièrement un temps pour vous, vous aurez moins de temps pour le autres, mais d’une toute autre qualité. Toute la question réside dans les priorités que vous vous imposez. Et n’entendez là aucune critique de ma part, c’est un simple constat, une simple réalité.

Et donc souvent, on n’agit pas ! et l’on reste sur un mal-être et des frustrations.

Enfin, respirez

Penser à soi, et prendre du temps, pour dissoudre les tensions et laisser passer les frustrations.
Une respiration calme, ample et lente, insistant sur l’expiration possède un pouvoir de détente et d’apaisement puissant. Et même si tout reste à faire, et que la respiration ne résout pas les problèmes, elle agit immédiatement pour se sentir mieux. Charge à moi de renouveler l’exercice aussi souvent que nécessaire.

Alors que faut-il pour agir ?

  1. D’abord admettre que le seul qui puisse agir, c’est moi
  2. Puis admettre que j’ai les moyens d’agir, ou que j’ai les moyens de les acquérir
  3. Ensuite admettre que c’est important de penser à moi aussi, pour identifier ce qui me ferait du bien, et que j’en ai le droit
  4. Enfin m’autoriser à me faire du bien, et à m’occuper de moi, à prendre du temps pour moi, et que c’est une priorité

Et vous verrez qu’en retrouvant le sourire et l’envie, vous serez à nouveau plus disponible pour ceux qui en ont besoin.

Finalement, n’est-ce pas faire preuve de conscience professionnelle et d’engagement que de s’occuper de soi ?


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