12 vrais besoins pour prendre soin de soi

Les vrais besoins pour prendre soin de soi

12 vrais besoins pour prendre soin de soi

Quels sont vos besoins ?

En avez-vous réellement besoin?
Doit-on absolument avoir des besoins?
Lorsque nous sommes attirés par quelque chose, est-ce un vrai ou un faux besoin?
Quelle est la place des besoins dans notre quotidien?
Peut-on vivre sans besoins?
Peut-on vivre avec des besoins mais sans les satisfaire?
Et la course à la satisfaction des besoins, toujours plus, toujours mieux, dans tout ça?

Entre vrais et faux besoins

La société actuelle repose sur le principe de consommation, en s’ingéniant à nous appâter constamment avec de nouveaux produits, dont nous finissons par en ressentir la nécessité. L’homme d’aujourd’hui est devenu insatiable.
Aussi me paraît-il ici important de prendre un peu de recul à travers le titre d’un livre d’Erich Fromm: Avoir ou être ?

Entre besoins et motivation

À moins d’avoir réussi à dépasser notre condition humaine, être bien passe inévitablement par la rencontre d’un certain nombre de “vrais” besoins.
Chacun d’entre eux peut avoir différents impacts en fonction de son degré de satisfaction:

  • démotivant et générateur d’abattement (si l’on perd l’espoir de le réaliser, ou que le but est trop éloigné)
  • insatisfaisant et générateur de frustration (si on a toujours espoir de le réaliser)
  • neutre et sans effet (si on ne se considère pas frustré)
  • satisfaisant et générateur de bien-être/plaisir (s’il est réalisé, et que l’on en est conscient)
  • motivant et générateur d’élan, d’énergie et d’enthousiasme (s’il est en cours de réalisation, et que le but n’est pas trop loin)

De nombreuses théories existent, de nombreux psychologues et sociologues ont travaillés sur ce sujet, et tous s’accordent à dire que certains besoins occupent une place essentielle dans notre vie, mais plus encore qu’ils sont fondamentaux pour notre bien-être. Pour autant, les satisfaire ne suffit pas, si nous sommes démotivés, il n’y a pas de bien-être.

Le Flow ou l’expérience optimale selon Mihály Csíkszentmihályi

Ce psychologue Hongrois a constaté que lorsqu’une tâche manque de difficulté, elle finit par générer de l’ennui, alors que si la difficulté est trop importante, elle génère de l’anxiété. Il a développé le concept du Flow, un état psychologique particulier dans lequel la conscience du temps disparaît, et où seuls subsistent des sentiments de bien-être, de plaisir, de joie, de motivation, de satisfaction intense et de grande puissance. Cet état n’est pas accessible de manière volontaire. Il se manifeste au détours d’une activité, ou ne se manifeste pas. Et lorsqu’on l’a ressenti, nous aspirons à le retrouver. Il l’a également appelé: l’expérience optimale.
Il s’agit d’un facteur déterminant dans la santé et le bien-être émotionnel. Les recherches ont montrées que ce flow se manifestait le plus souvent lors d’un équilibre subtil entre un certain niveau de défi dans une activité, et un certain niveau de compétence pour cette activité, il est donc en lien avec un certain niveau de difficulté.
Les conséquences de cette expérience sont multiples et toujours bénéfiques: anti-stress, dé-fatigue, recharge, sensation de s’être profondément nourrit, …

Mon interprétation de cette théorie me conduit à considérer 2 niveaux dans le bien-être: un bien-être apaisant (BEA), qui résulte de la satisfaction de nos besoins, et un bien-être épanouissant (BEE), qui résulte du Flow, et qui est encore plus nourrissant.
Dans la suite de cet article, je me concentre sur le bien-être apaisant, nous reviendrons sur le bien-être épanouissant dans un prochain article.

Les besoins fondamentaux selon Abraham Maslow

En 1970, Abraham Maslow décrit les 6 besoins fondamentaux de l’homme (le dernier étant paru récemment dans un livre posthume), qui ont été représentés ensuite sous la forme d’une pyramide. Ceux-ci sont, selon lui, hiérarchisés au sens où l’on ne ressent chacun d’entre eux que lorsque les précédents sont relativement satisfaits. Un point important à retenir: notre position dans cette pyramide peut sans arrêt monter ou descendre, en fonction des circonstances de notre vie.

  1. La première préoccupation de chaque être humain, vitale, concerne la satisfaction des besoins physiologiques: il s’agit d’abord d’assurer la survie
    Respirer, Boire, Manger, Bouger, Dormir, Se reproduire, …
  2. Ensuite viennent les besoins de sécurité: il s’agit de préserver l’existant
    Besoins de protection: Un toit, l’assurance de repas réguliers, l’assurance d’une rémunération régulière; et besoins de stabilité: familiale, affective, financière, …
  3. Viennent ensuite les besoins sociaux, besoins d’appartenance:
    Besoin de faire partie d’un groupe, d’approbation, de se sentir accepté, de reconnaissance, d’échanger, de partager, de communiquer; besoin d’affection, d’amour, d’intimité, …
  4. Puis apparaissent des besoins d’estime
    Besoin d’avoir confiance en soi, de se sentir respecté, de se sentir utile, de se sentir valorisé
  5. Des besoins de réalisation de soi se manifestent alors
    Besoin de se développer, de progresser, de développer ses connaissances, ses compétences; Besoin d’exprimer sa créativité, d’accomplissement, de réaliser ses rêves
  6. Enfin, des besoins de transcendance
    Besoin de se dépasser, de repousser ses limites, de réalisations pour autrui, d’action désintéressée

Mais que se passe-t-il si je ne réussi pas à satisfaire mes besoins actuels?

(exemple: je fait un travail totalement inintéressant dans lequel je ne me sens pas utile et qui m’empêche de satisfaire mes besoins d’estime)
Dans ce cas, je vais avoir tendance à sur-investir les précédents, en l’occurrence mes besoins sociaux. Il m’en faudra plus, voire beaucoup plus, ce qui peut me pousser à des comportements dysfonctionnels, juste pour recevoir encore plus d’amour, ou parce que je ne me sens jamais assez accepté. J’aurai besoin d’encore plus d’attention des autres, encore plus de chaleur humaine, au risque de mettre une pression exagérée sur mon entourage pour l’obtenir.

Les besoins psychologiqus de Taïbi Kahler

Nous éprouvons tous, consciemment ou inconsciemment, 6 types de besoins psychologiques, à des degrés divers. Pour certains, nous sommes insatiables, pour d’autres, nous ne les percevons même pas, tant ils sont ténus.
Si nous ne réussissons pas à nous nourrir sur ces plans, nous allons faire monter le stress jusqu’à un niveau qui peut être extrême. A l’opposé, faire en sorte de satisfaire ces besoins possède un puissant pouvoir apaisant.

Les voici:

  1. Besoin de reconnaissance en tant que personne
    Besoin de se sentir aimé, et d’être reconnu comme digne d’être aimé
    Besoin de confort/satisfactions sensorielles
  2. Besoin de reconnaissance pour la qualité de son travail
    Besoin de se sentir compétent, et d’être reconnu comme tel
    Besoin de structuration du temps (organisation, planification, …)
  3. Besoin de reconnaissance pour ses opinions
    Besoin d’être reconnu comme digne de confiance
    Besoin d’être reconnu pour son engagement, sa contribution
  4. Besoin de calme, de tranquillité et de solitude
    Besoin d’être reconnu comme ayant sa place dans le groupe, et étant recherché/voulu/désiré
    Besoin d’être accepté malgré/pour un fonctionnement très introverti
  5. Besoin d’action et d’excitation
    Besoin de se sentir vivant
    Besoin de se sentir reconnu comme un gagnant
  6. Besoin de contacts multiples et d’humour
    Besoin de se démarquer, d’être original, voire excentrique
    Besoin de se sentir accepté malgré sa spontanéité

Il n’y a pas de hiérarchie, ils nous concernent tous, à des degrés divers, et seront développés dans un prochain article. Ne pas les reconnaître conduira probablement à la frustration, et au mal-être.

Clarifiez vos besoins essentiels

Commencez par vous interroger sur les 6 besoins de Maslow.
Prenez un temps de recul pour repérer à quoi correspondent concrètement ces 6 catégories  pour vous. Soyez vrai, notez-les, et faites-vous une liste. Clarifiez ce qui est important pour vous, ce qui l’est moins, et ce qui ne l’est pas.

Sur le plan physiologique, c’est à peu près la même chose pour tout le monde: respirer, manger, boire, dormir, … que rajouteriez-vous ?
En tant que professionnels de l’aide et du soin, vos besoins physiologiques passent souvent au second plan, surtout dans les institutions où une partie de votre travail consiste à accompagner les personnes dans leur vie quotidienne. Comment prendre pleinement soin de soi lorsque en tant qu’éducateur on encadre un repas, ou en tant qu’infirmière ou aide-soignante on assure une veille de nuit ?

Sur le plan de la sécurité: de quoi avez-vous besoin, qu’est-ce que cela signifie pour vous ? Que faut-il, ou que faudrait-il pour que vous vous sentiez en sécurité dans votre vie, physiquement et moralement ? Une stabilité ? une visibilité à moyen terme, à long terme ?
Comment satisfaire ce besoin lorsque l’on travaille dans des environnements violents ou changeants constamment ? ou avec des personnes handicapées mentales qui n’ont pas conscience de la violence de certains de leurs comportements ? Sécurité … physique, … de l’emploi, … du salaire, … ? Stabilité … affective, … des conditions de vie, … des conditions de travail, … ?

Sur le plan social: de quoi avez-vous besoin pour vous sentir bien ? des contacts, un peu, moyennement, beaucoup ? à quelle fréquence ? avec quels types de personnes ? sous quelle forme ? plutôt ouverts ou plutôt intimes ? plutôt en groupe ou en privé ?
En tant que professionnels de l’aide et du soin, votre environnement social professionnel est essentiellement constitué de personnes fragiles et vulnérable. Est-ce que ces relations répondent, au moins en partie, à vos besoins sociaux ? Et avec les collègues et la hiérarchie ? Avec la famille ? Avec les amis ? Vous en faut-il encore plus, ou mieux, pour être vraiment bien sur ce plan ?

Sur le plan de l’estime et de l’estime de soi: que vous faut-il pour satisfaire ces besoins d’estime ? de la reconnaissance ? du travail sur vous-même ? sous quelle forme ?
Attention au besoin de reconnaissance jamais assouvi, parce que la reconnaissance dépend des autres, et qu’ils ne sont pas forcément très nourrissants sur ce plan.
Attention aussi à la tendance que peuvent avoir certains professionnels à se dévaloriser, à avoir toujours l’impression de ne pas en faire assez, ou à culpabiliser de ne pas en avoir fait plus, et donc à auto-saboter son estime de soi.

Sur le plan de la réalisation de soi: Qu’est-ce que signifie pour vous le fait de vous réaliser ? à quels moments, dans quelles situations vous sentez-vous vraiment utile ? Y aurait-il d’autres occasions qui pourraient permettre ce sentiment de réalisation ? Qu’est-ce qui donne vraiment du sens à votre vie ? Qu’est-ce qui vous enthousiasme ?

Sur le plan de la transcendance: Qu’est-ce que signifie pour vous le fait de faire quelque chose de manière désintéressée, de faire quelque chose dont l’impact se situe au delà de vous ? De quoi s’agit-il, ou de quoi pourrait-il s’agir ?

 

Merci de m’envoyer vos commentaires en précisant VOS exemples de besoins.

 

Prenez-en soin

Une fois que vous les avez repérés, interrogez-vous régulièrement sur le degré de satisfaction de chacun de ces besoins. Ressentez-vous une certaine tension ou frustration sur l’un de ces 6 plans ou êtes-vous détendu vis à vis d’eux ? Vous sentez-vous rassasiés, ou avez-vous faim ?

Programmez des temps pour vous, pour nourrir vos besoins, en vous attachant toujours à les rassasier par le bas dans l’ordre de la pyramide. Pour pouvoir profiter pleinement de la satisfaction de chaque catégorie de besoins, il faut pouvoir être détendu par rapport aux besoins situés en dessous.


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